L'ESSAIMAGE

Mais revenons à notre jeune reine qui naît dans la ruche. La première chose qu’elle entreprend est d’assurer sa survie. Comment ? En éliminant les rivales potentielles. Elle part à la recherche des autres cellules royales, elle les troue par le côté afin de tuer leur hôte. Et si plusieurs reines naissent en même temps, un combat de reine s’engage. Il ne doit en rester qu’une et c’est à celle qui piquera mortellement l’autre en premier. Une fois qu’elle est assurée de demeurer seule maîtresse à bord, la jeune reine qui est encore vierge peut alors se préparer à effectuer son vol de fécondation. C’est en effet en l’air que tout va se passer. Elle se dirige vers un rassemblement de mâles. Et oui, comme les hommes, les mâles d’abeilles se réunissent dans des lieux précis à la recherche de femelles en mal d’amour !!! Et là, c’est une dizaine de mâles qui vont féconder la reine. Et pas de ticket de passage, ce sont les plus rapides qui se servent en premier, d’où la taille exorbitante des yeux des faux-bourdons afin de mieux repérer la gente féminine. La grande majorité des mâles n’auront pas la chance de passer à l’acte et les heureux élus meurent aussitôt après avoir atteint le septième ciel. Dur dur d’être un monsieur chez les abeilles. La reine stocke les spermatozoïdes de ses partenaires dans une « spermathèque » et c’est là tout son stock pour la vie. Elle regagne alors sa ruche et il lui faut encore quelques jours avant de commencer à pondre et d’assurer ainsi la pérennité de la colonie.

Donc pour résumer, l’essaimage c’est une vieille reine qui part avec la moitié de la population et dans la ruche une jeune reine qui reste avec l’autre moitié. Cela arrive environ tous les 2 à 3 ans dans chaque colonie. Et pour l’apiculteur c’est le cauchemar. L’essaim, quand il sort de la ruche se pose habituellement à proximité. Mais dés qu’il trouve un emplacement intéressant, il décolle et s’en va au loin, perdu pour l’apiculteur. Quand à la ruche, elle a perdu la moitié de ses ouvrières et de ses réserves de miel et la jeune reine qui s’y trouve doit encore se faire féconder. Et le vol de fécondation n’a rien d’une formalité. En sortant de la ruche elle se trouve à découvert et peut devenir la proie d’un oiseau ou d’une araignée, ou  se faire surprendre par le mauvais temps. Le retour n’est jamais assuré. Au mieux l’apiculteur ne fait pas de miel l’année où la ruche essaime, au pire sa colonie est orpheline et vouée à une mort certaine. Bref une perte sèche. Mais il existe des solutions, notamment en remplaçant régulièrement ses reines pour disposer d’un « cheptel » jeune et donc moins propice à l’essaimage. Ces techniques d’élevage feront l’objet d’une prochaine fiche thématique.

 

Nathalie & Sven Jordy - Mallenches - 30450 Sénéchas - Tél : 04 66 56 78 41