Au contact de cette phéromone royale, les abeilles ressentent bien la présence de la reine et filent droit à leurs occupations. Mais quand la population augmente, la phéromone est plus diffuse et certaines abeilles ne ressentant plus aussi bien la présence de la reine fomentent alors un « coup d’état ». Elles bâtissent des cellules un peu spéciales appelées cellules royales. Celles-ci sont orientées du haut vers le bas dans le sens de la verticale tandis que les cellules d’ouvrières sont bâties sur un plan horizontal. Quand la reine passe devant une telle cellule, en véritable machine à pondre qu’elle est, elle ne réfléchit pas et y dépose un œuf. Cet œuf en tout point similaire à un œuf d’ouvrière va cependant devenir une reine. Mais comment cela se passe-t’il ? C’est la nourriture qu’elle va recevoir qui lui permettra de développer ses ovaires et de pouvoir ainsi se faire féconder. Alors que les larves d’ouvrières sont nourries avec une gelée nourricière composée essentiellement de pollen, la future reine ne reçoit que de la gelée royale. Alors que les reines sont des individus sexués, les ouvrières ont été castrées alimentairement.
Imaginez une ruche avec 10 à 30 cellules royales. La future reine émerge de sa cellule environ 16 jours après la ponte, et quand elle naît, la vieille reine, qui est en fait sa mère, n’est déjà plus là. Mais où est-elle ? Elle s’est envolée avec une partie de la population à la recherche d’un nouveau domicile comme un arbre creux, un conduit de cheminée ou l’espace laissé entre un volet fermé et une fenêtre. Mais avant de trouver l’emplacement idéal, l’essaim composé de la reine et de quelques milliers de ses fidèles se pose là où il peut. Les abeilles sont gavées de miel et sont très calmes, les piqûres sont rares à ce moment là. Quelques éclaireuses sillonnent les environs pour trouver un nid douillet. Il faut faire vite car les provisions ne permettent pas de tenir plus de quelques jours.
