Après le Gaucho® et le Régent®, le dernier insecticide systémique à la mode porte le doux nom de Cruiser®. Utilisé en enrobage des semences de maïs, la molécule qu’il contient serait à l’origine d’une hécatombe dans les ruchers italiens au printemps 2007. Après les promesses du « Grenelle de l’Environnement » sur les réductions d’insecticide, l’autorisation de mise sur le marché du Cruiser® a du mal à passer auprès de la filière apicole, et chose nouvelle, mobilise de plus en plus de citoyens et d’associations environnementales. Peut on encore espérer ?
Fondé en 2000 de la fusion des divisions agrobusiness respectives de Novartis (Suisse) et Astra-Zeneca (Royaume-Uni) et basée à Bâle (Suisse), Syngenta est l’un des leader de l’agro-industrie et le 3ème producteur mondial de semences. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 9,2 milliards de dollars en 2007 et emploie près de 21000 personnes dans plus de 90 pays. Dans son rapport d’activité de 2007, Syngenta déclare s’engager « pour une agriculture durable ». C’est donc tout « naturellement » que la firme helvétique a mis au point le Cruiser® en enrobage de semence de maïs pour lutter contre le taupin et l’oscinie. Cet insecticide, dont le principe actif est le thiametoxam, est un neurotoxique de la même famille que les Gaucho® et Régent® que les apiculteurs avaient réussi à faire retirer du marché après un long combat de plusieurs années. Il enrobe la graine et pénètre dans la plante par le biais de la sève. Aucun danger aux dires des experts dont l’indépendance vis à vis des firmes pharmaceutiques laisse à douter. Cependant le terme « neurotoxique » n’encourage guère à la consommation des produits ainsi traités !
